Archive pour juin, 2009

30 juin 2009

Des chiffres qui arrange Michèle Alliot-Marie

Pour défendre son projet de loi Hadopi 2, qui doit permettre au juge de sanctionner l’internaute avertit par la Haute Autorité, Michèle Alliot-Marie a présenté une étude d’impact (.pdf) révélée par La Tribune. Ces études doivent permettre aux ministres de démontrer l’utilité voire le caractère absolument indispensable de la loi qu’ils présentent, et de montrer son impact sur les finances publiques. L’exercice impose donc de dramatiser la situation et surrévaluer l’impact de la loi, pour que le Parlement prenne toute la mesure de son importance et accorde les crédits nécessaires, voire plus encore.

A cet égard, l’étude d’impact qu’avait présentée Christine Albanel avait tablé sur 10.000 avertissements et 1000 suspensions d’accès à Internet par jour, avant qu’elle recule devant un Parlement affolé et finisse par confesser à demis mots que peut-être aucune suspension d’accès ne serait jamais prononcée. Michèle Alliot-Marie est dans le même sillon pour justifier ses 50.000 actions pénales par an.

Son étude d’impact, tout d’abord, se repose sur les mêmes études très contestées que celles présentées par Albanel en son temps. Elle ressort ainsi les chiffres de l’ALPA qui assurent que 450.000 films sont téléchargés chaque jour, ou ceux de l’étude publiée par Equancy et Tera Consultants qui s’était pourtant fait descendre pour son absence d’indépendance et sa méthodologie bien peu scientifique. Le but est de démontrer au lecteur que le piratage a “un impact considérable sur le chiffre d’affaires des industries concernées et sur le renouvellement de la création“.

L’étude d’impact cite ainsi le rapport Equancy, qui conclut que le pirage a eu un impact de 1,2 milliards d’euros en 2007 sur l’indistrue culturelle française (musique, cinéma, télévision, livre), avec la destruction nette de 5000 emplois direct, et un préjudice pour les finances publiques de 200 millions d’euros de manque à gagner de TVA à 19,6 %.

Forts de ces chiffres, l’étude d’Alliot-Marie se félicite qu’avec “les accords de l’Élysée et la loi du 12 juin 2009, la France a pris la tête d’un mouvement convergent qui rassemble désormais de nombreux pays victimes du piratage, et qui privilégie la mise en place de dispositifs gradués et la collaboration entre ayants droit et fournisseurs d’accès à Internet“. Qu’importe si les pays reculent les uns après les autres : Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande, Allemagne, Irlande, Espagne

Par ailleurs, selon l’étude d’impact, “l’effet préventif que pourraient revêtir les recommandations de la Haute Autorité ne fait guère de doute. Ainsi, une étude publiée en mars 2008 dans la revue Entertainment Mediaresearch et réalisée auprès des internautes au Royaume-Uni fait ressortir que 70 % des personnes interrogées cesseraient toute pratique de téléchargement illégal dès la réception d’un premier message d’avertissement et 90 % dès la réception du second“. Mais l’étude d’impact, réalisée ce mois-ci, oublie de préciser que depuis, une nouvelle étude a conclu cette année que le chiffre avait chuté de 70 % à seulement… 33 %. Le don de choisir les chiffres qui arrangent.

On change de ministre, mais on ne change pas de méthode.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
30 juin 2009

Jérôme Bourreau porte plainte contre TF1 !

Société 2.0 -

Licencié pour avoir envoyé à sa députée un e-mail revenu aux oreilles de son employeur, où il exprimait son hostilité au projet de loi Hadopi soutenu par ce dernier, Jérôme Bourreau a décidé de plainte contre TF1 au pénal pour discrimination en raison d’opinions politiques. Un procès qui devrait durer de longues années.

Jérôme Bourreau-Guggenheim passe à l’offensive. Viré pour avoir envoyé un courrier contre la loi Hadopi à sa députée Françoise de Panafieu, qui l’a forwardé au cabinet du ministère de la Culture, qui l’a lui-même forwardé au monsieur lobbying de TF1, l’ancien responsable web de la chaîne a déposé plainte au tribunal de grande instance de Nanterre. L’action, distincte de sa plainte déjà déposée aux Prud’Hommes pour licenciement abusif, vise un délit de “discrimination en raison des opinions politiques“, rapporte Libération.

Il avait été en effet licencié parce que la chaîne trouvait que les positions exprimées par son employé à sa députée, pourtant confirmées ensuite par le Conseil constitutionnel, étaient “un acte d’opposition à la stratégie du groupe TF1 dont l’adoption de la loi est un enjeu fort“. La chaîne ne l’avait d’ailleurs manifestée que manière sournoise, en montrant d’abord au journal de 20H une Assemblée archi-remplie de députés lorsque la loi fut votée par 16 députés, puis en ne pointant que l’absentéisme des députés lors de son rejet, pour finalement inviter Jack Lang à expliquer pendant quatre longues minutes pourquoi il fallait voter pour la loi, alors qu’il était le seul socialiste à défendre cette position, et alors qu’il n’avait pas participé une seule minutes aux débats parlementaires. Un traitement ostensiblement contraire aux obligations de neutralité de la chaîne, mais que le CSA n’a jamais jugé utile de relever.

Le jeune licencié veut maintenant “faire le procès d’un système de connivence que tout le monde réprouve mais qui, au final, ne choque plus“. “Moi, j’aimerais bien que ça choque“, explique au journal celui qui n’a quasiment reçu aucun soutien des syndicats, et dont l’affaire n’a pas suscité plus que cela l’indignation populaire.

Il veut faire de son histoire le sujet d’une défense générale de la liberté d’expression, dont le conseil constitutionnel a répété à l’occasion de la censure de la loi Hadopi (drôle d’ironie) qu’elle était “une condition de la démocratie”. “Donner son avis, c’est fondamental en démocratie, même si ça m’embarque pour plusieurs années, avec des coûts importants“, explique ainsi Jérôme Bourreau, qui est prêt s’il le faut (et il le faudra certainement) à se rendre jusqu’en cour de cassation.

Au delà du procès sur la liberté d’expression et d’opinion dans l’entreprise, le procès sera aussi celui de TF1 et de sa connivence avec le pouvoir, personnifié par les relations d’étroite amitié entre Martin Bouygues et le Président Nicolas Sarkozy. “Ils sont puissants et puis ils nous divertissent, ça évite de réfléchir quand on regarde la Une“, résume l’ancien employé de la première chaîne.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
29 juin 2009

Britney Spears décédé ?

Des pirates ce sont invités sur les comptes Twitpic, un site qui permet aux utilisateurs de partager des photos avec d’autres,  pour diffuser de fausses informations via une faille de sécurité.

Ainsi, sur le compte de Britney Spears, il était indiqué que celle si était morte.

L’agent de la starlette a donc sauté sur son clavier pour modifier cette fausse information, et a expliqué que Britney n’était pas morte.

D’autres stars comme P. Diddy, à lui aussi été piraté,  et a donc apprit sa propre mort sur Twitpic.

Bref, plus de peur que de mal car le compte de Britney, pour ne prendre que celui-ci comme exemple,  est suivi par plus de 2.000.000 de visiteurs, ce qui a rendu la propagation de la fausse nouvelle très rapidement sur le net.

29 juin 2009

Europacorp condamnée

Europacorp, société appartenent à Luc Besson, a été condamnée lundi dernier à 100.000€ d’amende.

Cette amende fait suite à la responsabilité de la mort accidentel du caméraman, Alain Dutartre, lors d’une cascade pendant le tournage du film Taxi 2.

Rémy Julienne, ancien chef cascadeur, doit quant à lui verser la somme de 60.000€ à la famille du caméraman.

En première instance, Europacorp avait été relaxée.

29 juin 2009

La loi Hadopi reprend comme si de rien était !

Mise à jour : Non seulement Olivier Henrard reste rue de Valois, où il s’était occupé de ficeler la loi Hadopi, mais il a plus été promu. PC Inpact nous apprend en effet qu’il devient directeur adjoint du cabinet de Frédéric Mitterrand, à la place de Christophe Tardieu qui paye sans doute son rôle clé dans l’affaire Bourreau-TF1. Tardieu était effet celui qui, après avoir relayé au lobbyiste de TF1 l’e-mail d’un employé de la chaîne opposé à Hadopi, s’était vu suspendu seulement un mois par Christine Albanel.

Le mot “responsabilité” est un mot qui est en train de perdre tout son sens dans la vie politique française. Pour preuve, le rapporteur de la loi Hadopi à l’Assemblée Nationale Frank Riester reprend du service pour Hadopi 2. Selon Electron Libre, c’est en effet le jeune député UMP qui sera encore désigné pour être rapporteur de la loi relative à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet, portée par la ministre de la justice Michèle Alliot-Marie.

Qu’importe si c’est le même Frank Riester qui, pendant plus de 40 heures durant, a opposé des fins de non recevoir à tous les arguments d’inconstitutionnalité déjà présentés dans l’hémicycle par les députés de l’opposition, voire par certains députés UMP. On peut s’obstiner, conduire le texte dans le mur du Conseil constitutionnel en faisant des appels de phare, et en être remercié par le gouvernement en étant aussitôt désigné rapporteur du texte censé corriger les erreurs du premier. Une logique de management implacable qui devrait faire école dans toutes les grandes entreprises.

Idem pour Olivier Henrard, le conseiller de Christine Albanel qui était constamment assis derrière la ministre de la Culture pendant les débats pour lui fournir les arguments à opposer à ceux qui prévenaient de l’inconstitutionnalité du texte. Le haut fonctionnaire, architecte de la loi Hadopi au sein du cabinet de la rue de Valois, a été confirmé dans l’équipe de Frédéric Mitterrand, et veillera donc à la rédaction des très importants décrets d’application de la loi Création et Internet.

On ne change pas une équipe qui perd.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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29 juin 2009

Le WiFi dangereux pour la santé ou dangereux pour les ayants droit ?

Voici la nouvelle proposition de loi :

Sur tout appareil radioélectrique équipé du wifi, celui-ci doit être désactivé par défaut. Les notices d’utilisation et emballages des appareils mentionnés au précédent alinéa comportent une information claire et visible mentionnant les risques sanitaires liés à l’utilisation du wifi et les mesures de prévention à prendre lors de son activation.

La proposition de loi prévoit de remplacer autant que possible les technologies WiFi par du filaire, et va jusqu’à proposer de geler l’installation de bornes Wimax pendant une durée de 5 ans !

Alors, le WiFi, Grenelle des ondes = HADOPI ?

Télécharger la proposition de loi au format PDF

29 juin 2009

Le droit d’auteur briderait l’innovation en France d’après Google

Société 2.0 -

Selon Google, l’innovation serait bridée en France par le manque d’équilibre entre la nécessaire protection du droit d’auteur et la nécessité de donner au public la possibilité d’utiliser les oeuvres à des fins innovantes. Le moteur de recherche plaide pour un “Fair use” à l’américaine en droit français.

Au détour d’une interview accordée au Monde, le vice-président de Google chargé du développement et de la direction juridique du groupe, David C. Drummond, a donné son avis sur la vision et l’application du droit d’auteur en France par rapport aux Etats-Unis. Paradoxalement, il estime que c’est aux USA où Hollywood et les grands lobbys du droit d’auteur règnent sur la planète que le copyright est moins néfaste à l’innovation.

Il est clair qu’il y a des différences d’approches. Prenez l’exemple de notre produit “Recherche de livres” (Book search). Il repose sur le concept de fair use (“usage acceptable”), qui n’existe pas en France“, explique Drummond. “Il repose sur l’idée que ce que vous faites ne se substitue pas à l’oeuvre. Vous ne la consommez pas de la manière prévue, mais vous l’utilisez dans un autre but. Aux Etats-Unis, ce concept a permis beaucoup d’innovations qui ont profité à l’ensemble de la société. On peut dire sans exagérer qu’outre-Atlantique, les compagnies qui ont été créatives, de Yahoo ! à Google, en passant par eBay ou encore YouTube, doivent une large part de leur succès à ce régime légal“.

A contrario, il faut donc comprendre que la France et l’Europe n’auront pas de géant des nouvelles technologies tant qu’elles continueront de placer le droit d’auteur sur un tel piédestal que rien ne peut être fait des oeuvres sans que les ayants droit portent plainte et réclament leur part du bénéfice réalisé. “Quand nous numérisons les livres qui ne sont pas dans le domaine public, nous ne montrons pas réellement leur contenu, mais simplement le sommaire ou quelques extraits. Pour nous, c’est un usage acceptable ; pas en France, où nous ne scannons pas de livres pour cette raison“, regrette le cadre de Google.

Nous comprenons très bien que la protection des oeuvres de création est importante. Mais nous pensons aussi qu’il est important pour la société de parvenir à un meilleur équilibre entre la protection des auteurs et le fait de donner au public la possibilité d’innover en utilisant des travaux se trouvant dans la sphère publique“, explique Drummond. “Introduire le concept de fair use dans la législation française sur le droit d’auteur serait un développement positif“.

Les ayants droit français, très puissants dans leur lobbying, freineront toutefois des quatre fers une telle innovation législative, au nom de “l’exception culturelle française” qu’ils opposent sans cesse au copyright à l’américaine qu’ils jugent moins protecteur des auteurs et davantage des multinationales. Mais avec sa décision sur la loi Hadopi, qui juge que le droit d’auteur n’est pas supérieur aux droits de la société civile, le Conseil constitutionnel ouvre la porte vers une évolution législative plus proche de l’idée d’un fair use à l’américaine.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
29 juin 2009

Le décès de Michael Jackson exploitée à tout va !

Selon Sophos, à peine 8 heures après la mort de Michael Jackson, des vagues de spam exploitaient le réseau.

Comme l’explique Websense, certain propose de voir une vidéo sur YouTube alors que celui-ci est un faux lien qui serait redirigé vers une vidéo qui cacherait un fichier vérolé du nom de ” Michael.Jackson.videos.scr “.

Le fichier en question installerait en réalité un trojan.

Le décès de Michael Jackson enflammerait aussi le site Wikipédia.

Les mises à jour des articles sont rapides, de nombreux copié-collés de sites douteux et d’informations non vérifiées se retrouvent sur Wikipédia.

Un phénomène appelé Effect Piranha ou encore Effet Charognard.

D’après zdnet.fr, l’article anglais aurait été modifié plus de 1 200 fois entre l’annonce de la mort de Michael et la date du 28 juin.

29 juin 2009

Un réseau pédopornographique démantelé

Un vaste réseau pédopornographique couvrant 78 pays a été démantelé par la police Suisse dimanche dernier.

Plus de 2000 adresses IP ont été impliqués dans cette affaire.

Cette enquête avait débutée en mai 2008 après une alerte d’Interpol.

Selon Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police de Vaud, en Suisse, plusieurs dizaines d’arrestations auraient déjà été effectuées.

Toujours selon le porte-parole, ce réseau serait le plus important démantelé en Suisse.

29 juin 2009

Video Bay, un site de vidéo communautaire

Video Bay, créé par The Pirate Bay, est un site de vidéo communautaire, un projet encore en Bêta test, qui avait commencé en 2007.

Pour le moment, le site est encore en développement au niveau de l’encodeur et l’architecture elle même mais le site devrait bientôt être finalisé.

29 juin 2009

Alert Phishing pour les clients d’Orange

Un courrier électronique avec comme objet “Votre facture de juin 2009” envoyé par l’adresse service-de@facturation.fr se fait passer pour le FAI Orange.

Le mail demande au destinataire de cliquer sur un lien puis de se connecter à son compte Orange en fournissant vos données personnelles.

Le lien en question conduit à une imitation du site d’Orange contrôlé en faite par un pirate.

La page web est hébergée au sein d’un site dont le nom de domaine a été enregistré le 24/06/09.

Prudence !

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27 juin 2009

RealDVD attaqué par la MPAA

La MPAA accuse RealNetworks de violer le Digital Millenium Copyright Act en cassant les systèmes de protection ARccOS et RipGuard des DVD via le logiciel RealDVD.

Bill Hankes, porte parole de la société RealNetworks, regrette que Hollywood fasse distraction pour écarter le vrai débat qui porte sur la copie privée.

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27 juin 2009

Des pirates pour lutter contre la cybercriminalité

C’est Gordon Brown, Premier Ministre Anglais, qui vient d’annoncer une unité spécialement conçue pour lutter contre la cybercriminalité.

Gordon Brown  souhaite ainsi assurer la sécurité nationale du pays contre les menaces informatiques exterieurs.

L’Angleterre dépense environ 50 milliards de livres par an rien que pour la défense du réseau informatique.

De ce fait, des anciens pirates informatiques sont recrutés pour intégrer cette fameuse unité spéciale.

26 juin 2009

Un P2Piste Français écope de 33.000€

Le Télégramme rapporte qu’un Morbihannais âgé de 55 ans a été condamné jeudi à 33.000 euros de dommages et intérêt et deux mois de prison avec sursis par le tribunal de Vannes. Il était accusé d’avoir téléchargé 12.591 fichiers MP3, 426 films et des dizaines de logiciels piratés.

Le tout obtenu grâce à eMule et ses millions d’utilisateurs.

Le tribunal a suivi les recommandations du procureur de la République, qui avait requis une peine de deux mois de prison avec sursis mise à l’épreuve. Les gendarmes avaient découvert les ordinateurs et les disques durs remplis de fichiers contrefaits alors qu’ils procédaient à une perquisition le 20 avril 2006, dans le cadre d’une affaire d’escroquerie sans aucun lien avec le piratage.

Il faut donc insister, alors que le gouvernement veut presque automatiser les amendes de 1500 euros contre les pirates présumés, sur le fait que le piratage a été constaté par la gendarmerie, grâce à une perquisition. Le tribunal ne s’est pas contenté d’un simple relevé d’adresse IP, qui n’est pas en soi une preuve suffisante de la culpabilité d’un internaute.

Selon Ouest-France, le pirate breton a accumulé sa collection pendant près d’un an, et assuré le tribunal que “c’était pour un usage familial, pas dans un but lucratif“. Retraité de 55 ans, spécialisé en informatique, le prévenu a affirmé qu’il ne savait pas que le téléchargement sur les réseaux P2P était une pratique illégale. Peut-être croyait-il, ce grand naïf, que le paiement des taxes pour copie privée était déjà une compensation qui ne justifiait pas de dommages et intérêt à l’égard des ayants droit.

Les ayants droit avaient demandé au tribunal entre 1 et 2 euros d’indemnité par chanson piratée, et entre 7 et 12,50 euros par film.

Il pourra toujours se consoler en se disant que si le tribunal de Vannes avait appliqué le tarif de 80.000 dollars par chanson infligée à Jammie Thomas aux Etats-Unis, il aurait dû payer un peu plus d’un milliard de dollars de dommages et intérêt, uniquement pour les MP3.

Finalement, 33.000 euros, c’est cadeau. Ca n’est qu’à peine plus de 2 ans et demi de SMIC.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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26 juin 2009

Michael Jackson décède, Sony Music se frotte les mains

Musique Numérique -

La mort de la star internationale Michael Jackson a ému toute la planète. Sauf celle de la finance. Les ventes des albums de Michael s’arrachent sur Internet, et les actionnaires de Sony Music savent que le décès du chanteur va permettre au label de passer une excellente année sur le plan financier. Voire peut-être même de retrouver la pleine propriété d’une filiale majeure détenue en commun avec Michael Jackson. Et de développer la diversité culturelle ? C’est moins sûr.

C’était inévitable. Le business de la mort, que nous avions déjà décrit dans une moindre échelle avec les morts de Grégory Lemarchal ou d’Henry Salvador, reprend du service à une échelle démultipliée avec le décès inattendu de la star internationale Michael Jackson. A leur corps défendant, en cette période de crise et juste après le rachat des parts de Bertelsmann dans Sony BMG, la mort du roi de la pop est une excellente nouvelle pour les actionnaires de Sony. C’est le pragmatisme cynique de la finance.

Cinquantenaire et très affaibli par ses déboires personnels et physiques, Michael Jackson ne donnait depuis longtemps plus l’impression de pouvoir à nouveau sortir un album à succès. La géniale et immense star est morte la nuit dernière, mais l’artiste s’était déjà éteint depuis longtemps. Pour Sony Music, qui détient les droits des albums enregistrés par Michael Jackson, l’effet d’aubaine est immédiat.

Michael Jackson, qui songeait à s’autoproduire sur Internet, ne donnait aucun espoir de forte rentabilité à Sony pour les prochaines années. Mais aujourd’hui, alors que la crise du disque bat son plein, les anciens albums de l’artiste s’arrachent comme jamais, au point qu’à l’heure où nous rédigeons ces lignes, les 20 meilleures ventes d’Amazon.fr sont toutes exclusivement des albums ou des coffrets de Michael Jackson ! Du jamais vu. Même phénomène sur iTunes, où le classement des albums les plus vendus est déjà largement dominé par la discographie de Michael Jackson. L’effet, probablement, va durer à grands coups de best-of et de sorties inédites.

Les plateformes d’écoute de musique en ligne qui proposent légalement Michael Jackson et qui rémunèrent Sony Music pour chaque écoute sont également prises d’assaut, comme en témoigne ce graphique communiqué par Last.fm, qui indique le nombre d’écoutes de ses morceaux par heure :

La fortune que va gagner Sony BMG “grâce à la mort” de Michael Jackson est d’autant plus amère pour les fans que la star était depuis de nombreuses années en conflit avec son ancienne maison de disques. En 2000, Jackson pensait pouvoir retrouver la propriété de ses bandes d’enregistrements, ce qui devait lui permettre de faire lui-même la promotion de ses anciens albums et de relancer sa carrière. Mais il a alors découvert que le contrat était ficelé de telle manière qu’il n’aurait pas la propriété de ses bandes avant de longues années, et que ce contrat avait été négocié en son nom par un avocat qui représentait également Sony BMG.

Par ailleurs, en 1995 Michael Jackson avait fusionné à parts égales son calalogue de droits d’édition Northern Songs avec la division d’édition de Sony, devenue alors Sony/ATV Music Publishing. La joint-venture détient des droits très importants comme ceux d’Elvis Presley, Eminem, Bob Dylan, Willie Nelson… ou ceux des chansons écrites par John Lennon et Paul McCartney avant la séparation des Beatles en 1971. Une véritable mine d’or dont Sony a régulièrement essayé d’obtenir la pleine propriété.

Michael Jackson s’était toujours refusé à vendre sa moitié de Sony/ATV, mais Sony savait que si la situation financière du chanteur se dégradait, elle aurait une chance de proposer une somme suffisamment attirante pour que Jackson l’accepte. Lorsque Jackson a informé Tommy Mottola, qui était alors dirigeant de Sony Music Entertainment, de son intention de quitter la maison de disques juste après la sortie de son album Invincible, Mottola a annulé toutes les campagnes de promotion et les tournages de clips qui étaient prévus. L’album s’est très mal vendu, et les finances du chanteur se sont sérieusement dégradées.

En 2008, Michael Jackson étant fortement endetté, a finalement accepté une proposition de Sony Music de céder la moitié de ses parts de Sony/ATV, pour ne garder que 25 % de la joint venture. Après la mort du chanteur, on ne sait pas ce que vont devenir ces 25 %. Y a-il un pacte d’actionnaires qui permettra à Sony de les acheter en priorité, ou les ayants droit de Michael Jackson vont-ils décider de les conserver ?

Enfin, il faudra observer Sony Music sur les deux ou trois prochaines années. Pour justifier l’existence d’un droit d’auteur qui survit 70 ans après la mort de l’auteur, et pour les maisons de disques au moins 50 ans après l’enregistrement, les majors ont toujours prétendu que les recettes réalisées sur les fonds de catalogue avec les artistes décédés permettaient de financer la production d’albums de nouveaux artistes. Avec le funeste jackpot qu’offre la mort de Michael Jackson, Sony Music devra prouver que les bénéfices extraordinaires qu’elle va réaliser cette année ne vont pas principalement servir à augmenter les dividendes de ses actionnaires, mais bien à produire une quantité plus importante de nouveaux artistes, pour le bien de la diversité culturelle…

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
26 juin 2009

Piratage bancaire à Lyon

2 Bulgares de 31 et 32 ans, à la pointe de la technologie et de l’informatique, ont été interpelés mardi à Lyon, rue Victor Hugo dans le 2em arrondissement, en flagrant délit.

Les 2 compères venaient d’installer un skimmeur dernier cri sur un distributeur automatique afin d’enregistrer les données des pistes magnétiques des cartes bancaires ainsi que les codes confidentiels.

Une minuscule batterie, une mini-caméra et une carte mémoire tenaient dans une petite boite d’allumette.

Les 2 bidouilleurs ont été mis en examen et écroués pour escroquerie en bande organisée.

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